jeudi 18 juin 2026

Quand je regarde autour de moi.

J’ai 56 ans. Et en regardant autour de moi, je vois une différence qui me frappe de plus en plus. Beaucoup d’hommes de mon âge ont arrêté. Ils ne lisent plus, n’écrivent plus, ne bougent plus vraiment. Ils sont devenus sédentaires, autant dans le corps que dans la tête. Je les vois avec des lunettes de plus en plus épaisses, le ventre qui avance, le pas plus lent, le regard qui semble moins allumé. On dirait que leur cerveau se met en veille. Moi, je continue. Je lis, j’écris, je pédale, je dessine, je travaille, je soulève un peu de fer, je me bats contre mon propre déclin. Je m’use, c’est clair. Le dos qui coince, les genoux qui craquent, la récupération qui prend plus de temps. Mais je décline par usure, pas par abandon. Je ne sais pas ce qu’ils vivent vraiment à l’intérieur. Je ne sais pas ce qu’ils ressentent, ce qu’ils pensent, ni pourquoi ils ont arrêté. Je ne parle pas à travers mon chapeau. Je ne fais que témoigner de ce que je vois de l’extérieur. Et ce que je vois, c’est une ligne assez claire : d’un côté ceux qui semblent avoir baissé les bras, et de l’autre ceux qui continuent à se battre, même si le combat est plus dur chaque année. Je ne juge pas. Je constate. Et je choisis, pour ma part, de continuer à bouger, à créer et à penser tant que mon corps et ma tête me le permettront. Parce que pour moi, arriver au bout usé, mais encore vivant dans la tête, ça vaut mieux que d’arriver éteint bien avant la fin.

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